Des gifles au vinaigre.

 

 

 

  

  

J’ai lu ce livre dans le cadre d’un partenariat avec Blog-O-book (BoB) que je tiens à remercier vivement et les éditions Albin Michel que je tiens à saluer également.


   Pour résumer brièvement l’histoire, Tony Cartano tente, dans un roman qui se veut autobiographique, de retracer l’histoire de son père. Une histoire enveloppée de non-dits, de mystères... quelque chose de déroutant pour son fils, Antonio, né d’un deuxième mariage. Ce dernier va alors mettre bout à bout tout ce qu’on aura bien voulu lui raconter, et va mêler réalité et fiction afin de donner une certaine image, une quasi- identité à ce père. Et s’il y a autant de silence autour de la figure du Paternel, c’est aussi parce que vient se mêler, en fond, la guerre d’Espagne.

 

   Je suis assez partagée quant à mon ressenti face à la lecture de ce livre. En effet, on ne tient pas là, à mon avis, le best-seller de l’année. Sur le plan stylistique, l’écriture est simple quoique fluide. Etant originaire moi-même du sud de la France, j’ai lu avec plaisir quelques évocations de lieux connus. Pourtant, je n’ai pas dévoré ce livre comme je peux le faire lorsque je suis vraiment intéressée. Car, en prenant du recul et en toute objectivité, je me dis que si je suis allée jusqu’au bout de l’ouvrage, ce n’est pas pour l’histoire en elle-même. Non, c’était justement parce qu’il y avait quelques fragments qui me rappelaient ma région. Je m’attendais à ce qu’il y ait une analyse plus poussée de la guerre d’Espagne ou, du moins, sans vouloir aller jusque là, une évocation en profondeur. Là, elle reste vraiment en second plan, mis à part pour quelques passages, trop rares à mon goûts. Ceci dit, le but de Tony Cartano n’était pas, je pense, de faire un roman historique non plus. Néanmoins, cet événement reste lié à sa famille et je regrette un peu qu’il ne soit resté qu’en arrière-plan.

 

 

 

Extrait:

 

« Roberto, amène-toi. Viens voir. »

Adossé contre le pneu de la camionnette, encapuchonné sous sa couverture de campagne, le canonnier s’était assoupi une heure ou deux, se jurant bien que le brouillard et le froid nocturne ne le tueraient pas. Avec ses vingt-cinq ans et sa solide carrure d’avant-centre du club de football de Gérone, Roberto ne craignait rien plus que l’obscurité glacée, trompeuse, qui donne l’illusion du repos salvateur mais qui, en réalité, s’apprête à vous saisir aux poumons et à vous liquéfier de l’intérieur.
Le sifflement des balles, la violence des escarmouches, ça ne lui faisait pas peur. Du moment qu’il avait décidé d’affronter le danger. Le plus dur, c’était le reste : tout ce qui rampait, sournois, le sommeil abruti, les poux de la tignasse et du pli des couilles – le désespoir. Depuis trente et un mois, il avait tout donné de sa vie à la guerre. Mieux qu’un entraînement permanent.
A. secoua le corps tétanisé de son compagnon qui s’ébroua.

« Que se passe-t-il ? Les Navarrais attaquent ? »

A. avait assuré son tour de garde, le dernier de la nuit, assisté de Jordi et Anselmo, ses deux meilleurs tireurs. Ils avaient ensemble grillé deux ou trois cigarettes roulées avec le peu de tabac qu’il leur restait et marché de long en large sans arrêt pour oublier leurs ampoules aux pieds et leurs doigts gourds. Pour surveiller aussi la petite route en contrebas du tertre où la quinzaine d’hommes demeurés sous les ordres de A. avaient trouvé refuge derrière un rideau de bouleaux. Le jour était loin de se lever encore. De toute façon, avec le grésil qui ne s’était pas arrêté de la nuit, la visibilité aurait été limitée, peut-être même opaque jusqu’à la route distante d’à peine deux cents mètres. Ce qui avait attiré l’attention de A., sur le coup de cinq heures, c’était comme un vaste murmure sorti du néant, une vague de mugissements de plus en plus lourds, inquiétants, le halètement sauvage d’un immense troupeau prisonnier d’une nature hostile, un univers en délabrement.
A. décida d’envoyer Jordi en reconnaissance. D’où venait ce vacarme ? Il fallait en avoir le coeur net. Pourtant, à cet instant, c’était plutôt son estomac creux qui préoccupait le commissaire délégué à la 5e batterie de DCA, groupe 2. Depuis plusieurs jours, on avait commencé à compter et réduire les rations alimentaires.

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

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