Pripyat, vert comme l'enfer.

 

 

 

 

 

Pripyat... ce nom résonne comme le glas. Cette ville d’Ukraine a été irradiée lors de l’accident nucléaire qui hante encore les mémoires et les corps. Je veux parler de Tchernobyl. Le sous-titre peut s’amener à s’interroger bien sûr car, lorsque l’on pense à cette catastrophe, les premières couleurs qui nous viennent à l’esprit seraient plutôt sombres. Pourtant, dans cette zone interdite, la nature reprend peu à peu ses droits, transformée, certes.

 

Dans ce livre, qui laisse l’imagination vagabonder, Cécilia Colombo réussit la prouesse de parler de ce lieu maudit sans jamais y avoir mis les pieds. Des photos seront sa source d’inspiration. Pourtant, si elle ne l’avait pas précisé, personne n’aurait douté de son voyage. Elle nous décrit les lieux avec un style accrocheur. Le lecteur, emporté par cette poésie descriptive - l’amenant toutefois à réfléchir-  visite également la Zone, brave virtuellement le danger et les interdits. Comment ne pas adhérer aux réflexions auxquelles se livre Cécilia Colombo ? Si elle nous décrit Pripyat comme un souvenir d’enfance, elle fait ressurgir à la mémoire un passé - récent- que l’on aurait voulu enfouir au plus profond de soi. Pripyat, ville lointaine et pourtant si proche...

 

Je ne peux que conseiller la lecture de ce livre et ce, pour deux raisons. Pour le thème, d’une part, difficile à aborder, rare, pour les raisons que nous connaissons. Pour le style d’autre part, l’exercice littéraire n’étant pas des plus faciles et ayant été réussi avec virtuosité.

 

Merci à La Louve  Editions et à son directeur, Jean-Louis Marteil, pour ce partenariat.



 

Extrait

 

 

" Il est 1h24, la réaction s’emballe, le coeur du réacteur se rebelle, déborde de son enceinte et dépasse la simulation pour rendre réelles les pires estimations. Le progrès tant vanté, d’apparence soumis, utilisé sans précaution, se retourne contre les hommes avec la puissance d’un fléau divin. Dans la salle de contrôle, les murs ondoient, les corps se soulèvent, les aiguilles et les voyants hurlent l’horreur avant de se taire. Le silence précède les questions. Il s’est passé quelque chose, mais quoi ? "

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

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