Maryse Condé

 

 

 

 

 

Maryse Condé (née Boucolon) est née le 11 février 1937 à Pointe-à-Pitre, d’une famille aisée de huit enfants. Elle a fait ses études secondaires à la Guadeloupe puis au lycée Fénelon à Paris, et ses études supérieures de lettres à la Sorbonne. Elle se marie, en 1959, à un acteur guinéen, Mamadou Condé et, en 1960, elle part pour l’Afrique où elle enseignera pendant douze ans (en Guinée, au Ghana et au Sénégal). De retour en France, en 1972, elle prépare une thèse de doctorat en littérature comparée à Paris III, sous la direction du professeur René Etiemble. Dès 1975, elle enseigne à l’Université (en France), et est invitée sur de nombreux campus américains. Elle divorce en 1981, et se remarie avec Richard Philcox, qui traduira, en anglais, la plupart de ses romans.

 

Bibliographie

 

* Heremakhonon (1976)

* Une saison à Rihata (1981)

* Segou

* Les murailles de terre (1984)

* La terre en miettes (1985)

* Moi, Tituba sorcière... (1986)

* Haïti chérie (1986)

* La vie scélérate (1987)

* En attendant le bonheur (1988)

* Hugo le terrible (1989)

* The Children of Segu (1989)

* Tree of Life (1992)

* La colonie du nouveau monde (1993)

* La migration des cœurs (1995)

* Traversée de la mangrove (1989)

* Pays mêlé (1997)

* Desirada (1997)

* The Last of the African Kings (1997)

* Windward Heights (1998)

* Le cœur à rire et à pleurer (1999)

* Cèlanire cou-coupé (2000)

* La Belle Créole (2001)

* La planète Orbis (2002)

* Rêves amers (2005)

* Histoire de la femme cannibale (2005)

* Uliss et les Chiens (2006)

* Les belles ténébreuses (2008)

 

Honneurs

 

* 1987 - Grand Prix Littéraire de la Femme: Prix Alain Boucheron, pour Moi, Tituba, sorcière noire de Salem.

* 1988 - Prix de l’Académie Française, pour La vie scélérate.

* 1988 - Prix Liberatur (Allemagne), pour Ségou: Les murailles de terre.

* 1993 - Prix Puterbaugh, pour l’ensemble de son œuvre.

* 1994 - 50e Grand Prix Littéraire des jeunes lecteurs de l’Ile de France, pour Moi, Tituba, sorcière noire de Salem.

* 1997 - Prix Carbet de la Caraïbe, pour Desirada.

* 1998 - Membre honoraire de l’Académie des Lettres du Québec.

* 1999 - Prix Marguerite Yourcenar (décerné à un écrivain de langue française vivant aux USA), pour Le Cœur à rire et à pleurer.

* 2001 - Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres.

* 2003 - Grand Prix Metropolis bleu

* 2004 - Chevalier de la Légion d’Honneur.

* 2005 - Hurston/Wright Legacy Award (catégorie fiction), pour Who Slashed Célanire’s Throat?

* 2006 - Certificat d’Honneur Maurice Cagnon du Conseil International d’Études Francophones (CIEF).

* 2007 - Prix Tropiques, pour Victoire, des saveurs et des mots.

* 2008 - Trophée des Arts Afro-Caribéens (catégorie fiction), pour Les belles ténébreuses.

 

 

 

Extrait de Traversée de la Mangrove.

 

 

Léocadie Timothée.

 

"Ce mort-là est à moi. Ce n’est pas par hasard si c’est moi qui l’ai trouvé, déjà boursouflé, dans la trace à l’heure où le ciel saignait derrière la montagne. Je suis devenue sa maîtresse et sa complice. Je ne le quitterai qu’au moment où les premières pelletées de terre tomberont sur le bois de son cercueil.

Et pourtant, de son vivant, je ne le portais pas dans mon cœur, cet homme-là, et j’étais bien de l’avis de ceux qui s’apprêtaient à envoyer une lettre recommandée au maire pour qu’on l’expulse comme les Haïtiens et les Dominicains qui transforment les terrains de football de Petit Bourg en terrains de cricket. Vraiment, ce pays-là est à l’encan. Il appartient à tout le monde à présent. Des métros, toutes qualités de Blancs venus du Canada ou de l’Italie, des Vietnamiens, et puis celui-là, vomi par on ne sait quel mauvais porteur, qui s’est installé parmi nous. Oui, notre pays a changé, c’est moi qui vous le dis. Dans le temps, nous n’avions pas connaissance du monde et le monde n’avait pas connaissance de nous. Les chanceux bravaient la mer jusqu’à la Martinique. Fort-de-France était de l’autre côté du monde et l’on rêvait de l’or jaune de Guyane. Au jour d’aujourd’hui, pas une famille qui n’ait sa branche en métropole. On visite l’Afrique et l’Amérique. Les Zindiens retournent se baigner dans l’eau de leur fleuve et la terre est aussi microscopique qu’une tête d’épingle."

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

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