Les philosophes meurent aussi.

 

 

 

 

 

 

 

Résumé:

 

 

 Pythagore préféra se faire massacrer plutôt que de traverser un champ de fèves ; Platon serait mort d’une infestation par les poux Epicure accueillit sa fin avec joie, entouré de ses amis - "la mort n’est rien pour nous", disait-il ; Descartes fut emporté par une pneumonie à la suite des leçons matinales qu’il prodiguait au coeur de l’hiver suédois ; Voltaire, pourfendeur de l’Eglise, demanda à être confessé par un prêtre sur son lit de mort : Kant termina sa vie sur ce mot : "Sufficit ", "c’est assez"; Bentham se fit embaumer pour être exposé dans une vitrine à l’University College de Londres ; Simone Weil s’est laissée mourir de faim pendant l’Occupation ; Camus est mort d’un accident de voiture, rattrapé par l’absurde ; Sartre lança un jour : " La mort ? Je n’y pense pas" : 50 000 personnes assistèrent à ses funérailles.

 

 

 

Mon avis:


Ce livre ne pouvait que ravir la taphophile que je suis. Et pour une fois, bien qu’écrit par un éminent professeur de philosophie, le style n’est en rien jargonnant. Il est aussi sobre que la couverture. Il ne demande aucune connaissance précise, si cela peut rassurer les néophytes (ou ceux qui n’aiment pas vraiment la philo... groupe dont je fais partie... même pas honte !). Ce livre est constitué de fiches, classées selon les courants, les époques ou les nationalités. Ce qui est pratique, et ce que j’ai fait d’ailleurs, c’est qu’il peut être lu petit bout par petit bout. Nul besoin de se souvenir de la fiche précédente. Certains philosophes mentionnés sont très peu connus (et inconnus de ma personne, j’avoue.... oh, eh, que celui qui connaît Métroclès ou Chrysippe me jette la première pierre !) ce qui engage (ou pas) à faire des recherches plus poussées. Certaines anecdotes prêtent vraiment à sourire, même devant un sujet aussi sérieux et tabou que la mort.

Je vous le conseille vivement.

 

 

 

Extrait:


Pythagore (580-500 av. J-C):


(...) Les pythagoriciens étaient également fidèles à des doctrines plus matérialistes, en particulier sur la nourriture. Ainsi s’abstenaient-ils de manger de la viande et du poisson. Pour je ne sais quelle raison, le rouget faisait l’objet d’un interdit particulier ; Plutarque note pour sa part que l’oeuf était frappé de tabou. Pythagore et ses disciples avaient aussi hérité des Egyptiens une forte répulsion pour les fèves, compte tenu de leur ressemblance avec les organes génitaux. Le mot "fève" était à l’époque un terme argotique désignant les testicules. Mais il existe de nombreuses autres raisons possibles à cette antipathie pour les fèves.

Le Philosophumena de l’évêque chrétien Hippolyte de Rome, écrit vers 220 ap. J-C, contient quelques remarques fascinantes sur le sujet. Selon Hippolyte, les fèves mâchées et exposées au soleil émettent l’odeur du sperme. Pis, si l’on enterre une fève en fleur pour ensuite la déterrer quelques jours plus tard, on verra "qu’elle a d’abord la forme des parties génitales de la femme", puis "un examen attentif révélera la tête d’un enfant croissant avec elles". Bien entendu, comme beaucoup d’entre nous le savent à leurs dépens, les fèves produisent de terribles flatulences. Assez étrangement, c’est aussi une histoire de fèves qui aurait occasionné la mort de Pythagore. Mais j’en dis déjà trop.

La légende dit que le philosophe quitta son île native de Samos, au large de la côte ionienne, parce qu’il était fermement opposé à la politique du tyran Polycrates. entouré de ses disciples, il prit la fuite pour Croton (région du Sud de l’Italie, aujourd’hui la Calabre), où il jouira par la suite d’une influence et d’un pouvoir considérable. Porphyre de Tyr, dans sa Vie de Pythagore, relate qu’un certain Cylon, riche potentat local, offensé par le traitement arrogant que lui avait réservé Pythagore, décida d’incendier la maison où le Maître et ses disciples étaient rassemblés. Pythagore réussit à s’échapper après que ses disciples eurent formé un pont de leurs corps au-dessus du feu. Mais un champ de fèves l’arrêta net dans sa course: plutôt mourir que de le traverser, expliqua-t-il. Ses poursuivants s’emparèrent de lui et l’égorgèrent.

Hermippe relate une autre histoire: au cours d’une guerre opposant Agrigente et Syracuse, les pythagoriciens prirent le parti d’Agrigente, et, vous n’allez pas le croire, Pythagore fut tué par les Syracusains en essayant d’éviter un champ de fèves. Trente-cinq de ses disciples furent par la suite brûlés vifs pour trahison. (...)

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

MON EDITEUR

 

 

 

 

SITES AMIS

Newsletter

 

 

 

 

Loading

 

 

 

 

Suivez-moi...

Flux RSS

 

 

 

 

 

Visites