Les derniers jours de Paris

 

 

 

 

Ce thriller fantastique a obtenu le prix du Jeune Romancier du Touquet Paris-Plage 2009.

 

 

L’histoire est la suivante:


"En ce soir de printemps, dans la célèbre ménagerie du Jardin des Plantes, les animaux sont nerveux. Ils crient, heurtent les barreaux de leur cage. Ils pressentent quelque chose.

À deux heures du matin, la police reçoit un appel affolé. Un bébé vient d’être enlevé. Puis le téléphone sonne encore, et encore.

Cette nuit-là, à Paris, ce sont 5 bébés qui disparaissent.

Au lever du jour, la ville est en état d’alerte. Tandis que les forces de l’ordre cherchent les nourrissons, la Seine déborde subitement, une crue géante et inexplicable. En quelques heures, le centre de la ville a les pieds dans l’eau. Paris se noie.

Un seul homme a une piste pour comprendre ce chaos : Sylvain Masson, jeune professeur à la Sorbonne, sait que sa mère, la très renommée conservatrice du Jardin des Plantes, lui cache quelque chose. Est-elle liée au fléau qui s’abat sur la ville ?

 

Avec Trinité, une petite surdouée de 14 ans témoin d’un des kidnappings, Sylvain va se lancer sur les traces des enfants. Plongeant au cœur des mystères de Paris, dans ses carrières, dans ses catacombes, et plus loin encore, les deux jeunes gens découvrent LE secret. Devant cette vérité si incroyable, si inimaginable, si… irréelle, il leur reste moins de vingt-quatre heures pour sauver la ville."

 

***

 

Mon avis :

 

Ce livre se lit bien et j’avoue avoir passé un moment agréable. L’écriture est soignée. L’auteur s’est bien documenté sur Paris. De plus, il est plutôt original de commencer son livre en mettant en relief un autre manuscrit (fictif), celui de SOS Paris de Marcomir, et d’y rattacher ensuite son propre scénario. Bref, c’était audacieux et le tout se tient.

 

Un bémol par rapport à tout ce que j’ai pu lire concernant cet ouvrage: on parle, en premier lieu, d’un thriller "ébouriffant". Certes, Paris subit les pires catastrophes. Rien de transcendant cependant à mon goût. En second lieu, la fin... J’ai été plutôt déçue par cette dernière qui paraît bâclée par rapport au reste du roman. C’est bien dommage car c’est quand même la dernière impression qui reste.

 

Ceci dit, pour ne pas rester avec une impression négative quand même, je conseille ce roman aux passionnés de Paris qui retrouveront des lieux bien connus.

 

 

*********

 

 

Extraits


 

- Cent mille personnes grillées sur la tour Eiffel, c’est grotesque ! grommela Gervaise Masson. L’édifice ne peut soutenir une charge aussi lourde ; quant à cette histoire de courant électrique : c’est tout bonnement ridicule !

Puis elle ferma rageusement le livre. La gorge asséchée par cette longue lecture à voix haute, la sexagénaire vida un ballon de rouge.

Face à elle, Sylvain, son fils, restait impassible.

Haussant les épaules, le jeune homme reprit une goulée d’irouleguy. Manquant de tremper dans le liquide, ses mèches blondes lui tombèrent devant les yeux, brillant d’une même flamme dorée. Sylvain se demandait où sa mère voulait en venir. Voilà une demi-heure qu’elle lui lisait d’une voix fulminante des pages entières de SOS Paris ! Dans la salle exigüe du restaurant, les autres clients avaient même fini par y prêter une attention irritée. Ce n’est pourtant pas aux gourmets de l’Auberge basque, attablés devant hachuas, jambons, piperades et autres spécialités basques, que s’adressait la conservatrice du Muséum d’histoire naturelle de Paris, mais à son fils. Elle attendait de lui une réaction, un commentaire face à ses délires. Mais Sylvain campait dans son silence, scrutant sa mère d’un œil rond.

En réalité, il ne savait quoi dire...

Horripilée, Gervaise prit ce mutisme pour de la nonchalance.

- Je ne te comprends pas, Sylvain. Toi qui vénères Paris, toi qui voues ta vie, ta carrière, à cette ville, ce tissu d’inepties ne te scandalise pas ?

Posant son verre, Sylvain se recula dans son siège et releva sa mèche.

"Elle me cache quelque chose..." songea-t-il.

C’était un fait: la conservatrice n’était pas dans son état normal. Son fils le sentait, comme il devinait si souvent les pensées de ses interlocuteurs.

 

 

***********

 

 

Alors ils arrivèrent devant le Jardin des Plantes. Sylvain savait que de l’autre côté de ces hautes murailles en granit, la nuit était plus claire. Plus fraîche, aussi. Protégés par l’épaisseur des arbres, des feuillages, les sentiers se perdaient dans le silence. Un silence noueux, chaviré d’odeurs. Si Paris sentait la sève, au Jardin, elle coulait des troncs, lustrait les murs, poissait les fenêtres. Un éden que Sylvain avait parcouru durant toute sa jeunesse.

Depuis sa fondation sous Louis XIII, l’ancien "jardin royal des Plantes médicinales" avait pourtant bien changé ! Décharge médiévale, muée en potager de campagne pour le bon plaisir de Sa Majesté, il s’était étoffé à mesure que la nature désertait Paris. Bientôt entouré de murs, encadré de bâtiments d’études, affublé d’un amphithéâtre universitaire, de laboratoires, de galeries d’histoire naturelle, d’un des plus vieux zoos du monde, le "Jardin de Roi", devenu "Muséum d’histoire naturelle" sous la Révolution, restait la plus fabuleuse enclave sauvage du Paris moderne.

 

 

************

 

 

Qui aurait cru que cette masure en torchis se trouvait en plein Paris, dans l’annexe du Jardin des Plantes, de l’autre côté de la rue Buffon ? Quatre murs branlants, un toit de zinc, une cheminée partiellement éboulée, le tout au fond d’une cuvette, au pied d’un immeuble en brique de style industriel, qui abritait les labos d’ornithologie. Et puis cette forêt d’orties, enrobant la cabane pour la protéger des regards indiscrets.

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

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