Jean Ferrat

 

 

 

 

Ce grand poète  nous a quitté le samedi 13 Mars 2010.

 

 

 

Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Hauts-de-Seine), Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum, perd son père à 11 ans, lorsque ce juif émigré de Russie est déporté à Auschwitz. L’enfant est sauvé grâce à des militants communistes, ce qu’il n’oubliera jamais.

 

A la Libération, il quitte le lycée pour aider sa famille, et devient aide-chimiste jusqu’en 1954, date à laquelle il passe ses premières auditions dans des cabarets parisiens.

Après avoir écrit la musique des «Yeux d’Elsa» (1956) pour André Claveau, il chante régulièrement à «La Colombe», puis fait sa première grande scène à l’Alhambra en 1961 où il triomphe avec «Ma môme», et «Deux enfants au soleil».

 

Aussi prolifique que discret, notamment à la télévision, il a composé et interprété quelques 200 chansons, mêlant textes engagés, hommages à Louis Aragon et déclaration d’amour à l’Ardèche, sa région d’adoption.

Rapidement, Jean Ferrat choisit d’interpréter des textes plus engagés, comme «Nuit et Brouillard» (1963), non diffusée par les radios, puis «Potemkine» (1965), interdite d’antenne.

 

 

Compagnon de route du PCF sans jamais en avoir été membre, il a rapidement pris ses distances avec Moscou. Dans «Camarade», il dénonce l’invasion russe de Prague en 1968 et, dans «Bilan», il fustige la déclaration de Georges Marchais sur le «bilan globalement positif» des pays de l’Est.

 

A la scène, qu’il quitte après un passage au Palais des sports en 1972, il préfère son Ardèche d’adoption, qui lui inspire «La Montagne», l’un de ses plus grands succès.

 

En 1974 et 1995, Jean Ferrat consacre avec succès deux albums à Louis Aragon dont il met les textes en musique («Que serais-je sans toi?», «Heureux celui qui meurt d’aimer»).

 

Jean Ferrat, qui a été marié à la chanteuse Christine Sèvre, décédée en 1981, avait reçu le prix de l’académie Charles Cros (1963) et le grand prix de la chanson de la SACEM (1994).

 

 

 

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Voici quelques textes:

 


 

Aimer à perdre la raison

 

Aimer à perdre la raison

Aimer à n’en savoir que dire

A n’avoir que toi d’horizon

Et ne connaître de saisons

Que par la douleur du partir

Aimer à perdre la raison

 

Ah c’est toujours toi que l’on blesse

C’est toujours ton miroir brisé

Mon pauvre bonheur, ma faiblesse

Toi qu’on insulte et qu’on délaisse

Dans toute chair martyrisée

 

Aimer à perdre la raison

Aimer à n’en savoir que dire

A n’avoir que toi d’horizon

Et ne connaître de saisons

Que par la douleur du partir

Aimer à perdre la raison

 

La faim, la fatigue et le froid

Toutes les misères du monde

C’est par mon amour que j’y crois

En elle je porte ma croix

Et de leurs nuits ma nuit se fonde

 

Aimer à perdre la raison

Aimer à n’en savoir que dire

A n’avoir que toi d’horizon

Et ne connaître de saisons

Que par la douleur du partir

Aimer à perdre la raison

 

 

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C’est beau la vie


 

Le vent dans tes cheveux blonds

Le soleil à l’horizon

Quelques mots d’une chanson

Que c’est beau, c’est beau la vie

 

Un oiseau qui fait la roue

Sur un arbre déjà roux

Et son cri par dessus tout

Que c’est beau, c’est beau la vie.

 

Tout ce qui tremble et palpite

Tout ce qui lutte et se bat

Tout ce que j’ai cru trop vite

A jamais perdu pour moi

 

Pouvoir encore regarder

Pouvoir encore écouter

Et surtout pouvoir chanter

Que c’est beau, c’est beau la vie.

 

Le jazz ouvert dans la nuit

Sa trompette qui nous suit

Dans une rue de Paris

Que c’est beau, c’est beau la vie.

 

La rouge fleur éclatée

D’un néon qui fait trembler

Nos deux ombres étonnées

Que c’est beau, c’est beau la vie.

 

Tout ce que j’ai failli perdre

Tout ce qui m’est redonné

Aujourd’hui me monte aux lèvres

En cette fin de journée

 

Pouvoir encore partager

Ma jeunesse, mes idées

Avec l’amour retrouvé

Que c’est beau, c’est beau la vie.

 

Pouvoir encore te parler

Pouvoir encore t’embrasser

Te le dire et le chanter

Oui c’est beau, c’est beau la vie.

 

 

 

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Heureux celui qui meurt d’aimer


 

O mon jardin d’eau fraîche et d’ombre

Ma danse d’être mon cœur sombre

Mon ciel des étoiles sans nombre

Ma barque au loin douce à ramer

Heureux celui qui devient sourd

Au chant s’il n’est de son amour

Aveugle au jour d’après son jour

Ses yeux sur toi seule fermés

 

Heureux celui qui meurt d’aimer

Heureux celui qui meurt d’aimer

 

D’aimer si fort ses lèvres closes

Qu’il n’ait besoin de nulle chose

Hormis le souvenir des roses

A jamais de toi parfumées

Celui qui meurt même à douleur

A qui sans toi le monde est leurre

Et n’en retient que tes couleurs

Il lui suffit qu’il t’ait nommée

 

Heureux celui qui meurt d’aimer

Heureux celui qui meurt d’aimer

 

Mon enfant dit-il ma chère âme

Le temps de te connaître ô femme

L’éternité n’est qu’une pâme

Au feu dont je suis consumé

Il a dit ô femme et qu’il taise

Le nom qui ressemble à la braise

A la bouche rouge à la fraise

A jamais dans ses dents formée

 

Heureux celui qui meurt d’aimer

Heureux celui qui meurt d’aimer

 

Il a dit ô femme et s’achève

Ainsi la vie, ainsi le rêve

Et soit sur la place de grève

Ou dans le lit accoutumé

Jeunes amants vous dont c’est l’âge

Entre la ronde et le voyage

Fou s’épargnant qui se croit sage

Criez à qui vous veut blâmer

 

Heureux celui qui meurt d’aimer

Heureux celui qui meurt d’aimer

 

 

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Je ne suis qu’un cri

 


Je ne suis pas littérature

Je ne suis pas photographie

Ni décoration ni peinture

Ni traité de philosophie

 

Je ne suis pas ce qu’on murmure

Aux enfants de la bourgeoisie

Je ne suis pas saine lecture

Ni sirupeuse poésie

 

Je ne suis qu’un cri

 

Non je n’ai rien de littéraire

Je ne suis pas morceaux choisis

Je serais plutôt le contraire

De ce qu’on trouve en librairie

 

Je ne suis pas livre ou bréviaire

Ni baratin ni théorie

Qu’on range entre deux dictionnaires

Ou sur une table de nuit

 

Je ne suis qu’un cri

 

Je n’ai pas de fil à la patte

Je ne viens pas d’une écurie

Non je ne suis pas diplomate

Je n’ai ni drapeau ni patrie

 

Je ne suis pas rouge écarlate

Ni bleu ni blanc ni cramoisi

Je suis d’abord un cri pirate

De ces cris-là qu’on interdit

 

Je ne suis qu’un cri

 

Je ne suis pas cri de plaisance

Ni gueulante de comédie

Le cri qu’on pousse en apparence

Pour épater la compagnie

 

Moi si j’ai rompu le silence

C’est pour éviter l’asphyxie

Oui je suis un cri de défense

Un cri qu’on pousse à la folie

 

Je ne suis qu’un cri

 

Pardonnez si je vous dérange

Je voudrais être un autre bruit

Etre le cri de la mésange

N’être qu’un simple gazouillis

 

Tomber comme un flocon de neige

Etre le doux bruit de la pluie

Moi je suis un cri qu’on abrège

Je suis la détresse infinie

 

Je ne suis qu’un cri

 

 

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La femme est l’avenir de l’homme

 

 

Le poète a toujours raison

Qui voit plus haut que l’horizon

Et le futur est son royaume

Face à notre génération

Je déclare avec Aragon

La femme est l’avenir de l’homme

 

Entre l’ancien et le nouveau

Votre lutte à tous les niveaux

De la nôtre est indivisible

Dans les hommes qui font les lois

Si les uns chantent par ma voix

D’autres décrètent par la bible

 

Le poète a toujours raison

Qui détruit l’ancienne oraison

L’image d’Eve et de la pomme

Face aux vieilles malédictions

Je déclare avec Aragon

La femme est l’avenir de l’homme

 

Pour accoucher sans la souffrance

Pour le contrôle des naissances

Il a fallu des millénaires

Si nous sortons du moyen âge

Vos siècles d’infini servage

Pèsent encor lourd sur la terre

 

Le poète a toujours raison

Qui annonce la floraison

D’autres amours en son royaume

Remet à l’endroit la chanson

Et déclare avec Aragon

La femme est l’avenir de l’homme

 

Il faudra réapprendre à vivre

Ensemble écrire un nouveau livre

Redécouvrir tous les possibles

Chaque chose enfin partagée

Tout dans le couple va changer

D’une manière irréversible

 

Le poète a toujours raison

Qui voit plus haut que l’horizon

Et le futur est son royaume

Face aux autres générations

Je déclare avec Aragon

La femme est l’avenir de l’homme

 

 

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Ma France


 

De plaines en forêts de vallons en collines

Du printemps qui va naître à tes mortes saisons

De ce que j’ai vécu à ce que j’imagine

Je n’en finirais pas d’écrire ta chanson

Ma France

 

Au grand soleil d’été qui courbe la Provence

Des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche

Quelque chose dans l’air a cette transparence

Et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche

Ma France

 

Cet air de liberté au-delà des frontières

Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige

Et dont vous usurpez aujourd’hui le prestige

Elle répond toujours du nom de Robespierre

Ma France

 

Celle du vieil Hugo tonnant de son exil

Des enfants de cinq ans travaillant dans les mines

Celle qui construisit de ses mains vos usines

Celle dont monsieur Thiers a dit qu’on la fusille

Ma France

 

Picasso tient le monde au bout de sa palette

Des lèvres d’Éluard s’envolent des colombes

Ils n’en finissent pas tes artistes prophètes

De dire qu’il est temps que le malheur succombe

Ma France

 

Leurs voix se multiplient à n’en plus faire qu’une

Celle qui paie toujours vos crimes vos erreurs

En remplissant l’histoire et ses fosses communes

Que je chante à jamais celle des travailleurs

Ma France

 

Celle qui ne possède en or que ses nuits blanches

Pour la lutte obstinée de ce temps quotidien

Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche

A l’affiche qu’on colle au mur du lendemain

Ma France

 

Qu’elle monte des mines descende des collines

Celle qui chante en moi la belle la rebelle

Elle tient l’avenir, serré dans ses mains fines

Celle de trente-six à soixante-huit chandelles

Ma France

 

 

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Nuit et brouillard

 

 

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers

Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés

Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants

Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

 

Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres

Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés

Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre

Ils ne devaient jamais plus revoir un été

 

La fuite monotone et sans hâte du temps

Survivre encore un jour, une heure, obstinément

Combien de tours de roues, d’arrêts et de départs

Qui n’en finissent pas de distiller l’espoir

 

Ils s’appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel

Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou

D’autres ne priaient pas, mais qu’importe le ciel

Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

 

Ils n’arrivaient pas tous à la fin du voyage

Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux

Ils essaient d’oublier, étonnés qu’à leur âge

Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

 

Les Allemands guettaient du haut des miradors

La lune se taisait comme vous vous taisiez

En regardant au loin, en regardant dehors

Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

 

On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours

Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour

Que le sang sèche vite en entrant dans l’histoire

Et qu’il ne sert à rien de prendre une guitare

 

Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ?

L’ombre s’est faite humaine, aujourd’hui c’est l’été

Je twisterais les mots s’il fallait les twister

Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez

 

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers

Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés

Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants

Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

 

 

 

***************************

 

 

 

Parle-moi de nous


 

Parle-moi tout bas

Parle-moi de toi

Parle-moi de nous

Des hauts et des bas

De la vie qui va

Des riens qui font tout

Parle-moi des choses

Que jamais l’on n’ose

Se dire entre nous

Indéfinissables

Petits grains de sable

Dont je suis jaloux

 

Parle parle parle-moi de toi

Parle-moi de nous

 

Parle-moi des peines

Qui parfois nous viennent

On ne sait trop d’où

Comme ces étoiles

Qui filent leurs toiles

Dans la nuit d’août

Quels rêves t’entraînent

Quand l’aube incertaine

Vient à pas de loup

Vérité mensonge

La vie est un songe

A dormir debout

 

Parle parle parle-moi de toi

Parle-moi de nous

 

Dans ce monde atroce

Où l’homme féroce

Pour l’homme est un loup

Le ciel de l’Ardèche

Est comme une pêche

Au-dessus de nous

Garde-moi ma place

Ce havre de grâce

Entre tes genoux

Où se désaltèrent

A ta source amère

Mes rois et mes fous

 

Parle parle parle-moi de toi

Parle-moi de nous

 

 

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La montagne


 

Ils quittent un à un le pays

Pour s’en aller gagner leur vie

Loin de la terre où ils sont nés

Depuis longtemps ils en rêvaient

De la ville et de ses secrets

Du formica et du ciné

Les vieux ça n’était pas original

Quand ils s’essuyaient machinal

D’un revers de manche les lèvres

Mais ils savaient tous à propos

Tuer la caille ou le perdreau

Et manger la tomme de chèvre

 

Pourtant que la montagne est belle

Comment peut-on s’imaginer

En voyant un vol d’hirondelles

Que l’automne vient d’arriver ?

 

Avec leurs mains dessus leurs têtes

Ils avaient monté des murettes

Jusqu’au sommet de la colline

Qu’importent les jours les années

Ils avaient tous l’âme bien née

Noueuse comme un pied de vigne

Les vignes elles courent dans la forêt

Le vin ne sera plus tiré

C’était une horrible piquette

Mais il faisait des centenaires

A ne plus que savoir en faire

S’il ne vous tournait pas la tête

 

Pourtant que la montagne est belle

Comment peut-on s’imaginer

En voyant un vol d’hirondelles

Que l’automne vient d’arriver ?

 

Deux chèvres et puis quelques moutons

Une année bonne et l’autre non

Et sans vacances et sans sorties

Les filles veulent aller au bal

Il n’y a rien de plus normal

Que de vouloir vivre sa vie

Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires

De quoi attendre sans s’en faire

Que l’heure de la retraite sonne

Il faut savoir ce que l’on aime

Et rentrer dans son H.L.M.

Manger du poulet aux hormones

 

Pourtant que la montagne est belle

Comment peut-on s’imaginer

En voyant un vol d’hirondelles

Que l’automne vient d’arriver ?

 

 

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Potemkine


M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde

Qui chante au fond de moi au bruit de l’océan

M’en voudrez-vous beaucoup si la révolte gronde

Dans ce nom que je dis au vent des quatre vents

 

Ma mémoire chante en sourdine

Potemkine

 

Ils étaient des marins durs à la discipline

Ils étaient des marins, ils étaient des guerriers

Et le cœur d’un marin au grand vent se burine

Ils étaient des marins sur un grand cuirassé

 

Sur les flots je t’imagine

Potemkine

 

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde

Où celui qui a faim va être fusillé

Le crime se prépare et la mer est profonde

Que face aux révoltés montent les fusiliers

 

C’est mon frère qu’on assassine

Potemkine

 

Mon frère, mon ami, mon fils, mon camarade

Tu ne tireras pas sur qui souffre et se plaint

Mon frère, mon ami, je te fais notre alcade

Marin ne tire pas sur un autre marin

 

Ils tournèrent leurs carabines

Potemkine

 

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde

Où l’on punit ainsi qui veut donner la mort

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde

Où l’on n’est pas toujours du côté du plus fort

 

Ce soir j’aime la marine

Potemkine

 

 

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Que serais-je sans toi


 

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadran de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?

 

J’ai tout appris de toi sur les choses humaines

Et j’ai vu désormais le monde à ta façon

J’ai tout appris de toi, comme on boit aux fontaines

Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines

Comme, au passant qui chante, on reprend sa chanson

J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson

 

J’ai tout appris de toi, pour ce qui me concerne,

Qu’il fait jour à midi, qu’un ciel peut être bleu,

Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne

Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne

Où l’homme ne sait plus ce que c’est qu’être deux

Tu m’as pris par la main comme un amant heureux

 

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes,

N’est-ce pas un sanglot de la déconvenue,

Une corde brisée aux doigts du guitariste ?

Et pourtant, je vous dis que le bonheur existe

Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues,

Terre, terre, voici ses rades inconnues

 

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

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