Les Frères Rattaire

 

 

 

 

 

 

Résumé:


Pourquoi les trois fils d’Adolphe Rattaire, héroïquement tombés au champ d’honneur en 1914-1918, ne sont-ils pas inscrits sur le monument aux morts de leur commune ? S’agit-il d’une erreur, d’une vengeance ? Cet oubli troublant méritait enquête. Avec justesse et empathie, Philippe Langénieux-Villard dévoile un scandale qui dépasse les frontières de ce village du Dauphiné. Il décrypte les dessous d’une guerre mondiale qui fut aussi franco-française, d’une guerre de tranchées qui fut aussi celle de l’arrière. Et réhabilite l’honneur bafoué de ces vaillants soldats. Un document salutaire, qui nous plonge dans la France des années 1920. En mémoire d’Honoré, Alfred et Louis, injustement oubliés.

 

 

 

Mon avis:

 

J’ai dévoré cet essai de bout en bout. Ce document se lit comme un roman et c’est également ce qui rend la lecture très agréable. On apprend ainsi comment a été vécue, dans les petits villages, la Première Guerre Mondiale. Ici, ce sera dans la commune du Moutaret, située dans le département de l’Isère, mais on peut très facilement imaginer que ce fut la même chose partout.

 

L’auteur nous dévoile ici avec brio l’héroïsme de nos soldats, le don de leur vie pour la Patrie, et, en parallèle, les querelles de clocher. Ces querelles peuvent prendre une certaine ampleur et aboutir à des choses graves et aberrantes comme c’est le cas ici. Je n’en dirai pas plus afin de ne pas tout dévoiler.

 

Les Frères Rattaire ne sont malheureusement pas les seuls à avoir subi une telle injustice. Ce document permet justement de faire réfléchir quiconque à ce sujet. Il donne envie, ce fut mon cas, d’aller se documenter, de pousser encore plus loin les recherches afin de savoir et de comprendre.

 

Je conseille vivement la lecture de ce livre et je remercie les éditions Héloïse d’Ormesson ainsi que le site Blog-O-Book de me l’avoir fait découvrir.

 


 

Extrait:

 

Adolphe et Marie-Philomène sont accablés de chagrin. Quel sort cette guerre réservera-t-elle à Alfred, leur fils aîné mobilisé depuis quinze jours, et à Louis, leur fils cadet qui a été décoré de la croix de guerre en Alsace ?

L’hommage du village est immédiat. Poignées de main solides, chapeaux qui se lèvent à leur passage, regards chauds et tristes, silence respectueux. Quand on les croise, on embrasse les filles de la famille dont les yeux rougis trahissent larmes et sanglots. Mais l’on parle peu à Adolphe et à Marie-Philomène. Comment témoigner son affection à un homme que l’on a surtout pris l’habitude de respecter ?

Le curé multiplie les visites et les marques de sympathie:

- Votre souffrance, je veux la porter avec vous, répète-t-il aux deux parents.

- Merci mon père. Nous avons de la chance d’être soutenus par vos prières.

- Mes pensées dépassent les mots d’église. Il faut que vous entendiez toute l’affection que nous sommes si nombreux à vous porter. Elle n’est pas catholique et solennelle. Elle est amicale, clandestine, générale. Les parents de vos élèves, vos voisins, les paroissiens et nombre de membres du conseil municipal n’osent vous dire qu’ils vous aiment. Vous n’êtes pas seuls, croyez-moi !

- Nous y sommes très sensibles, mon père. Mais vous me connaissez: j’ai conçu ma vie dans le don, et recevoir me gêne, soupire Adolphe.

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

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