Pierre Marchant: Editeur et auteur du Pays des Cendres, roman policier historique au temps de Louis XIV dans la même collection.
Quatrième de couverture: Nous sommes aux premières aimées de l’ascension de Charles Martel, grand-père de Charlemagne, au temps des rois francs chevelus et de la christianisation de l’Europe. C’est une époque de saints et de nobles brigands, de foi et de sauvagerie, d’où émergera bientôt un empire et une nouvelle civilisation. A l’ombre du monastère que vient de fonder sainte Odile, la découverte d’un corps, rendu par les eaux boueuses du Rhin, va lancer sur les routes un jeune homme blessé, une jeune fille audacieuse et un vieux moine attentif. Ce roman policier nous emmène avec délicatesse et un art maîtrisé du suspens dans une époque excessive, en dureté comme en amour.
Mon résumé de l’histoire: Hildebert, demi-frère de Gondebald, parrain de Gonderic, le fils de ce dernier, est retrouvé mort, le corps dans un tronc d’arbre, la tête tranchée reposant entre ses jambes. Otton, moine, est chargé d’aller en avertir la famille. Si Gondebald ne paraît pas terriblement surpris, il n’en va pas de même pour Goderic qui a beaucoup de mal à digérer la nouvelle. Il se pose d’autant plus de questions qu’il continuait à recevoir des lettres de son parrain. Cependant, il découvre vite que c’est sa mère, Hildeswinde, qui les écrivait. A partir de là, Goderic sent qu’il y a anguille sous roche. Apprenant l’arrivée de Milon, l’évêque cruel, Gondebald fuit. Gonderic va mettre tout en oeuvre pour comprendre cette fuite et savoir qui a tué son parrain.
Mon avis: Un livre intéressant car bien écrit et surtout bien documenté. Le suspens est gardé jusqu’au bout. J’ai passé un bon moment, plongée dans ma période de prédilection. Néanmoins, je pense que j’en attendais plus car la publicité faite autour de ce roman me le laissait espérer. Les us et coutumes de l’époque auraient pu apparaître de façon plus explicite. J’aurais voulu en savoir plus sur les personnages historiques comme Charles Martel, Adalbert, Milon et surtout Odile, cette sainte devenue patronne de l’Alsace.
Je suis peut-être trop exigeante lorsqu’il s’agit de la période médiévale. Pour revenir à la réalité, il s’agit d’un roman policier et je n’oublie pas là son but premier. Le contrat est rempli.
Extrait: Il descendit de la barge sans aide, comme à son habitude, et rejoignit Benedictus qui détaillait de ses yeux verts
l’arbre recraché par le fleuve. Bien que pourri par l’eau et la vase, c’était encore un de ces géants qui imposent le respect. Frère Berthram, accompagné d’un des hommes liges du duc, avait
escaladé le fût et se penchait avec lui sur ce qui devait être l’ouverture de ce singulier sarcophage.
- Seigneur, tu devrais venir voir !
A l’appel de son antrustion, le duc écarta du bras le prieur qui s’apprêtait à reprendre la parole, et marcha à grandes enjambées vers le tronc échoué. Il l’escalada, et rejoignit les deux hommes sur l’épave glissante.
L’ouverture en forme d’amande avait la taille d’un homme. Le soleil y pénétrait maintenant assez pour qu’on y distingue formes et couleurs. Dans un lit de vase, reposait le squelette d’un combattant. Sa posture était singulière: les poignets étaient entravés des restes d’une forte corde, et se croisaient sur son bassin. Aux épaules et aux pieds, le corps avait été pareillement ligoté. On devinait des restes d’étoffes gorgées d’eau de-ci, de-là. Sur ses hanches, les traces d’un ceinturon de cuir solide, à présent putréfié, reliaient un fermoir et des plaquettes d’or. Au côté de l’homme reposait une épée longue, dans son fourreau de bois. Sa poignée avait été décorée avec soin. On devinait un damasquinage d’argent sur le pommeau et sur la garde. Quelques longs cheveux, sans doute bruns, se mêlaient encore aux phalanges réunies et aux restes du ceinturon. Car la tête de cet homme reposait, bien calée, entre ses jambes: il avait été décapité.
Un grand merci au site Blog-o-Book ainsi qu’aux éditions Calleva pour ce partenariat.