Le Portrait

 

 

 

 

 

 

 

Résumé:

 

Passionné de langues, Maurice Guilhon cueille et consigne inlassablement les vocabulaires en danger afin de sauver les langues de la disparition de leurs locuteurs. Alors qu’une femme insaisissable et silencieuse bouscule sa vie, une étrange maladie frappe les dictionnaires : des temps entiers disparaissent, des pans complets de vocabulaire s’effacent des pages des livres.

 

 

 

Mon avis:

Voici un roman complètement atypique. Atypique par le thème notamment, une réflexion sur les langues à laquelle se livre le personnage, et, à travers lui, l’auteur, féru de linguistique. Jean de Palacio manie le verbe avec brio et le style est riche. Le livre est une immense référence culturelle. On se délecte avec bonheur de tout un patrimoine littéraire, on voyage en même temps que le personnage, en Autriche, on sombre dans le "fantastique" lorsque cette "lèpre" touche les livres, lorsque certains tomes viennent à disparaître... On est hanté par les figures féminines esquissées. Qui sont-elles réellement ? Et cette référence à François Couperin qui revient, lancinante...

Cependant, je mettrai un bémol. En effet, bien que réunissant tout ce qui pouvait me plaire, j’ai eu du mal à aller jusqu’au bout. L’enchaînement des idées n’est guère évident. Je me suis perdue dans le dédale des 38 chapitres.

Ce livre me laisse à la fois perplexe et fascinée. Bizarre me direz-vous ! A mon humble avis, il demande certainement plusieurs lectures afin d’en percevoir toutes les finesses.

 

Merci aux Editions Calleva pour ce partenariat avec le forum Nota Bene.

 

 

 

Extrait:

 

Les événements se précipitèrent. Tant de langues s’effritaient, menaçaient ruine, que Maurice Guilhon ne pouvait suffire. Appelé ici et là, il arrivait trop tard, manquait le dernier témoin, ne pouvait que constater le décès. La maladie des dictionnaires, - la dictionnairite -, se propageait un peu partout. Les conservateurs, atterrés, prenaient des mesures qui s’avéraient inefficaces. Cuit par la sécheresse, gondolé par l’humidité, marbré par les champignons, travaillé en galerie par les insectes, le papier cédait de partout. Pour un livre restauré, mille tombaient en poussière. Ce n’était plus, comme jadis, la peste noire et le choléra, mais la lèpre et le silence qui s’étendaient partout, gagnaient des pays entiers, bientôt des continents.

Françoise Grandterre avait abandonné ses travaux, quitté Londres, s’était réfugiée auprès d’Arcangelo Grifagni. Tous deux s’efforçaient de sauver, à Rome et à Florence, à la Riccardiana et à la Magliabechiana, ce qui pouvait encore l’être. Au prix d’un labeur intense, travaillant jour et nuit, Maurice avait patiemment reconstitué le cahier perdu, retrouvé les vestiges de la langue disparue, complété et augmenté ce fonds de tout ce qu’il avait pu glaner de la nuit passée avec Elisabeth Wehland. Près de neuf cents mots au total, autorisant une pensée, lui donnant l’espoir fou de poursuivre son roman. Ixion ressuscitait. Il devenait plus qu’un mythe, un symbole, celui de la survie du langage, de sa propagation, peut-être, de sa fructification, promesse de vocables nouveaux nés de son union avec Héra, dans une alliance harmonieuse de l’ancien et du moderne, du néologisme et de l’archaïsme.

 

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

MON EDITEUR

 

 

 

 

SITES AMIS

Newsletter

 

 

 

 

Loading

 

 

 

 

Suivez-moi...

Flux RSS

 

 

 

 

 

Visites