Quatrième de couverture:
Non, les élèves ne sont pas tous des angelots facétieux assoiffés de connaissance.
Non, les parents ne sont pas tous des éducateurs perfectionnistes désireux de transmettre des valeurs fondamentales à leurs rejetons.
Non, les profs ne s’habillent pas forcément à la CAMIF !
Princesse Soso, qui rêvait d’être trapéziste, est finalement devenue professeur d’anglais. Catapultée dans un collège de campagne, elle se retrouve quand même en plein cirque, aux premières loges pour étudier le jeune, cet être mystérieux et fascinant, et tout son
entourage…
Chaque année, ça recommence ! Un an à jongler entre ceux qui aiment s’entretuer à coups de compas, ceux pour qui l’école est une annexe de Meetic et les Choupi-trop-mignons. Un an de rires, de
larmes et d’incompréhension mutuelle, auxquels participent les parents et le personnel de l’Éducation nationale. Un an où tout le monde dira encore que les profs sont des
feignasses-tortionnaires-payés-à-rien-foutre- toujours-en-vacances-ces-lopettes ! Une annéescolaire d’émotions, de critiques du système et de coups de colère,
décrits dans ces pages avec un humour corrosif.
Le collège est une jungle. Voici un accès backstage pour découvrir l’envers du décor.
Bonne rentrée !
Mon avis:
Autant annoncer la couleur de suite: j’ai adoré ce livre, vraiment. J’en suis même arrivée à me freiner dans ma lecture histoire de ne pas le terminer trop vite. Que celui qui n’a pas eu, un jour, envie de répondre à un élève comme l’auteur le livre dans ses pensées lui jette la première pierre. Oh, alors bien sûr, ce n’est pas ce que l’on appelle de la haute littérature. Puristes, passez votre chemin ! Car la langue employée tient à 50 % du langage familier, reflétant le langage des gamins ou l’énervement. Mais justement, c’est bien cela qui fait rire. Car les situations exposées sont toutes plus ou moins vécues un jour et chacun a réagi ainsi, parents, profs ou élèves. La langue châtiée n’est pas de mise ici, elle n’aurait pas eu d’impact. Et, de toutes façons, le but de l’auteur n’était pas de gagner le Goncourt. Elle a mis dans un livre les billets qu’elle tenait au départ sur son blog.
Princesse Soso nous donne donc un aperçu de ce que peut être la vie d’un prof d’anglais dans un collège. Elle dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas (et ne dira surtout pas par peur de se faire taper sur les doigts par celui qu’elle a nommé elle-même Ray Ktora). Son livre est structuré selon l’année scolaire et les évènements qui en découlent. C’est ainsi que nous ferons connaissance avec Kevvin (oui, avec deux -v), Manolito et Cynthia de la 6èmeB, ou avec Favin, le pétomane de la Segpa. Les portraits sont loin d’être une caricature, croyez-moi.
A travers l’humour, il n’en reste pas moins que Princesse Soso s’interroge sur notre mode d’enseignement, sur la façon de gérer du Rectorat, de l’Inspection académique ou encore, plus haut, du Ministère de l’Education Nationale. Les parents ne sont pas de reste car il y a , en ce qui les concerne, pour certains, tout un mode d’éducation à revoir. Et c’est également ceci qu’il faut retenir. Il est bien dommage de voir des profs motivés, ayant la vocation, ne pas être soutenus, ou trop peu, par toutes ces instances.
Un livre à lire sans attendre !
Merci à BoB ainsi qu’aux éditions Privé pour ce partenariat.
Extrait:
Grosse pression chez les 6° Bisounours.
Y’a du contrôle à l’horizon.
On révise ensemble, les élèves s’interrogent entre eux, certains jouent le rôle du prof et posent des questions sur le cours, d’autres sont au tableau pour compléter des exos... Bref, c’est drôlement studieux et ça fait plaisir. Le seul à qui ça ne fait pas plaisir, c’est Manolito, qui est au coin, rapport au fait qu’il a donné un coup de pied à Alyssa parce que d’abord elle est trop moche Alyssa et en plus elle n’a même pas voulu passer sa colle pour coller la feuille et ça c’est carrément nul.
Mettre les élèves au coin est ma nouvelle passion. The naughty corner. J’envoie un élève pénible au coin uniquement quand on fait des trucs trop de la balle en classe, genre trucs d’interactivité, ateliers tirant sacrément sur le ludique ou trucs impliquant des feutres et des ciseaux crantés. L’élève puni tire la tronche parce que ça aurait été drôlement choupi d’aller au tableau coller les aimants sur les bonnes réponses. En plus, on peut aussi utiliser le feutre rose pailleté de Mme Princesse Soso. Manolito me trouve bien cruelle. Bizarrement, je n’envoie pas d’élèves au coin lors d’une séance de correction ou d’exercices de grammaire aussi fun qu’un dimanche après-midi en Vendée à boire un thé infâme avec la tante Anne-Marie.
C’est au tour de Kevvin de passer au tableau pour s’entraîner au gros-contrôle-de-la-mort-qui-tue. Hector, camarade solidaire et sympathique, lui demande comment on dit "lapin" en anglais.
" Trop fastoche ! dit Kevvin d’un ton blasé, on dit lapine en anglais."
Le reste de la classe rigole. Comment il est trop bête, Kevvin. Comment c’est trop fastoche d’abord. Tout le monde rigole sauf Manolito qui n’a pas entendu car il est trop occupé à bouder et sauf Gwendolina qui est à quatre pattes à chercher son stylo parfum kebab / chamallow qui s’est subrepticement planqué sous la table.
Mme Princesse Soso: Voyons, Kevvin... Réfléchis... On ne dit pas lapine...
Kevvin: Ahhhhh oui ! On dit rabbit en anglais !
Mme Princesse Soso: Voilà ! Très bien ! Tu vois, il faut toujours réfléchir avant de parler. Tu évites ainsi les étourderies.
Kevvin: Bah oui, je savais bien qu’il y avait une histoire de zizi là-dedans.
( C’est un moyen mnémotechnique comme un autre, me direz-vous...)