Vingt et une orties

 

 

 

Vingt et une ortie de Valence Rouzaud

 

 

 

J'ai eu l'agréable surprise de recevoir dans ma boîte aux lettres deux recueils d'un poète étrange, Valence Rouzaud. Pourquoi étrange ? La démarche m'a plutôt intriguée, je l'avoue. D'autant plus que chacun sait, et je ne m'en cache pas puisque c'est noté aussi bien sur ce site que sur mon blog, que la poésie n'est pas ce que je préfère en matière de littérature. Ceci dit, je n'y suis pas non plus complètement hermétique. 

 

Difficile de juger d'un recueil de ce type. Le poète, en prose poétique, met en relief, au travers d'une correspondance, tout son travail, le mal qu'il a à se faire reconnaître et, au final, un quasi-abandon pour ce genre littéraire.  Voilà qui me fait penser à ce poète anglais du XVIIIe siècle, Thomas Chatterton, mort à 17 ans pour ne pas avoir été reconnu. Alfred de Vigny en fera une excellente pièce.

 

Valence Rouzaud ne veut pourtant pas lâcher prise. Il dit dans une de ses lettres (à Philippe Démeron, automne 2004) : "Quant à la poésie fondée sur le travail : loi des genres et des disciplines, je n'en ai plus le goût. Mais puisque vous m'avez demandé de l'annoter (pardon si c'est court), juste ceci : la surmortalité des formes me fait croire à la supériorité du fond."

 

Un recueil somme toute intéressant où toutes les réflexions du poète apparaissent sans détour.

 

 

 

Rentier

 

 

 

Rentier de Valence Rouzaud

 

 

Rentier est un recueil de 34 poèmes en prose où l'image de Baudelaire qui m'était venue à l'esprit s'est fait jour dans un des textes. Mais d'autres références apparaissent, de Rimbaud à Mallarmé.

 

Encore une fois, je ne décortique pas la poésie, je la ressens. Et si je devais comparer ce petit ouvrage à l'autre (Vingt et une orties), je dirais que c'est celui qui retient le plus mon attention. Plus d'images, plus de recherche sur les mots donnent à l'ensemble un petit goût de "revenez-y". Le but du poète n'est-il pas atteint ?

 

 

"Les oiseaux migrateurs ont pris le maquis

du printemps et mes mots manivelles ouvrent

le sas de la connaissance (...)."

 

 

 

Mon Âme est en ciseaux

 

 

 

Je n'ai reçu que quelques extraits de poèmes de ce recueil. J'ai volontairement fait en sorte, dans cette page, d'aller du recueil qui m'a le moins touchée, au plus intéressant (à mes yeux, ceci restant purement subjectif bien sûr). 

 

Ces poèmes sont plus anciens. Je les trouve plus aboutis, plus approfondis que les autres. Je mets ici la première strophe de Mauvaise étoile, qui n'est pas sans me rappeler Les Poètes de sept ans de Rimbaud : 

 

 

"Rêveur, le soir à l'étude, un petit écolier

Parsème son cahier de dessins troublants.

Vifs comme une volée de passereaux

Au son de la cloche, tous sortent de leur pupitre.

Lui, personne ne l'attend."

 

 

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

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