Katia VERBA : ses pièces

 

 

 

 


Passionnée de théâtre depuis l’enfance, Katia Verba regardait Au théâtre ce soir à la télévision et déjà rêvait d’être comédienne. Sa première expérience, elle la doit à Bertold Brecht avec Grand Peur et Misère du troisième Reich. Elle suit une formation théâtrale de trois ans en province et décide d’être comédienne. Elle monte sur Paris, s’inscrit au Cours Florent et entreprend parallèlement une formation de psycho-graphologue.Elle écrit une pièce courte, L’Affaire des Poisons, et assiste des metteurs en scène sur différentes pièces. Elle monte sa compagnie “ Treteaux le soir ” et joue dans plusieurs comédies.


Passionnée d’écriture, elle décide de prendre la plume et écrit sa première vraie pièce légère et intimiste, mais non dénuée de rebondissements et de quiproquos, Black Shadow.


Comme il faut battre le fer pendant qu’il est chaud, elle met en place deux autres projets. Après la charismatique Ambre de la Minaudière qu’elle a joué dans Black Shadow, elle mettra en scène une pièce de Robert Thomas, Huit Femmes (Prix du quai des Orfèvres)…
Avec Manoir sous haute tension sur l'île de Man, Katia Verba signe une première collaboration avec les Éditions de la rue nantaise. Dans un registre plus sentimental, Le château de Montgueux ou le secret éventé est sa deuxième pièce de théâtre.  

(Source: Les Éditions de la rue nantaise et Black Shadow).

 


Retrouvez sa fiche ici.

 

 

 

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Quatrième de couverture :


Cette comédie légère et intimiste met en scène deux femmes de caractères diamétralement opposés.

Elles se réunissent dans une maison familiale retirée des Yvelines pour passer une soirée amicale entre femmes.

Mais c'est sans compter sur l'arrivée inopinée d'un cambrioleur apparaissant sous les traits d'un séduisant jeune homme. L'histoire ne s'arrête pas là... Ce n'est pas fini ! Une autre surprise les attend ! Décidément la soirée promet d'être mouvementée.

 

 

Mon avis :

 

Si je vous dis Black Shadow, cela vous fait penser à quoi ? Non, ce n'est pas le nom d'un diamant – encore que – mais bel et bien le titre de la première pièce de Katia Verba. Vous voyez maintenant mon analogie avec le bijou.

Très agréable, cette comédie légère (en apparence du moins) est dans la droite lignée de Labiche ou Feydeau : gaie, enlevée, on sourit et on rit tout au long de cette pièce qui doit être aussi agréable à lire qu'à regarder. Les personnages sont irrésistibles, à commencer par Ambre de la Minaudière (avec un nom pareil, on sait déjà que l'on ne va pas être dans une tragédie antique dégoulinante de pleurs), plus préoccupée par la préparation de ses boissons alcoolisées que par sa relation avec les hommes auxquels elle ne veut pas s'attacher... enfin, en surface, car lorsqu'elle se retrouve avec son Arnaud au téléphone, elle devient aussi douce qu'un agneau. Son amie, Séréna Pezzoli, est loin d'être un cerveau et c'est justement la relation entre ces deux-là qui prête à rire. Ambre domine. J'avoue quand même avoir un faible pour Pénélope Pontamine, bonne femme complètement déjantée, instable, immature. Quant à Lucas, seul homme présent physiquement, son rôle est finalement secondaire. La focalisation est faite sur les femmes, avec tous les clichés qui amusent : la petite bourgeoise portée sur la boisson, l'écervelée fan de potins (la seule chose qu'elle puisse comprendre!) et la malade lunatique, à la limite de la folie (et lorsque je dis limite... tout est subjectif). Mais qu'on ne s'y trompe pas, tous les rebondissements (et il y en a) vont être déclenchés par un homme : le fameux Arnaud dont je parlais plus haut. L'amour, toujours l'amour... mais un amour un peu spécial tout de même. Allez, je n'en dis pas plus.

 Katia Verba me surprend toujours. Par son talent, tout d'abord, qui n'est plus à démontrer. Par les retournements de situation ensuite, tant dans les pièces que chez le lecteur. Vous pensiez que vous étiez dans une simple comédie au ton badin ? Vous pensiez connaître le mot de la fin ? Certainement pas ! De plus, elle inscrit ses pièces à la fois dans la modernité (par le ton et le style) mais également dans une certaine intemporalité. Voici une pièce qui aurait pu être jouée par la Maillan (que j'aimais beaucoup, soit dit en passant) et qui pourra être jouée dans vingt ou trente ans sans aucun problème. Et, n'est-il pas important, dans notre société basée sur l'immédiat, de graver son œuvre dans le rocher de la culture ?

 

 

 

Extrait :

 

SERENA – Il est mort.

AMBRE – George Clooney ?

SERENA – Mais non, le cochon de George. Tu sais que c'est très affectueux un cochon. Et même très intelligent.

AMBRE – Un cochon intelligent, on aura tout entendu... Bon, revenons à nos moutons... et la conclusion de ton article ?

SERENA – Il dit que cinquante-cinq pour cent des personnes interrogées déclarent qu'en mettant en avant la star, ils se rappellent beaucoup moins du produit.

AMBRE – C'est bien la preuve que ton article dit vrai... Justement, à propos de star, où en es-tu toi, de tes cours de comédie ?

SERENA – J'ai arrêté. Ils voulaient me faire jouer Grand peur et misère du troisième Reich de Bertolt Brecht. Ça m'a démotivée net. Moi qui pensais jouer un remake genre Les délires de Blanche-Neige ou Cendrillon en cavale.

AMBRE – Personnellement, je t'aurais bien vue dans la cuisinière enchantée.

SERENA – J'aurais été comme un coq en pâte.

AMBRE – Eh bien ma cocotte, j'ai de quoi te faire oublier cette petite déception. Goûte-moi cette petite merveille, tu m'en diras des nouvelles. (Elle va vers son ordinateur) Et puis ça te rafraîchira la mémoire, en attendant la prochaine parution sur tes sujets hautement philosophiques.

SERENA – Ça va, j'ai compris, tu préfères changer de sujet, je vois bien que la vie des stars ce n'est pas ton trip.

AMBRE (distante) – C'est le moins qu'on puisse dire. Si j'étais au gouvernement, je les obligerais à donner dix pour cent de leur fortune aux plus démunis et Johnny Hallyday ce n'est pas en Suisse qu'il irait mais aux Îles Caïman.

 

 

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Quatrième de couverture :  

 

Champagne. 1928. Un jour, une missive arrive dans le courrier du comte et de la comtesse de Montgueux. C'est toujours la comtesse qui traite le courrier en compagnie de Réjane, son intendante. Une lettre attire leur attention. L'intendante a un mauvais pressentiment. Le message est écrit en violet. C'est une lettre aussi menaçante qu'anonyme ; un individu exige une très grosse somme d'argent, faute de quoi, il répandra une rumeur sur les habitants du château...

 

Mon avis :

 

Parce qu'il est des livres qui sont un véritable rayon de soleil... un petit bijou dans ce monde littéraire où sévissent bon nombre d'écrivains « commerciaux » (non, je ne nommerai personne. De toutes façons, tous ceux qui me connaissent savent déjà de qui je veux parler) … je tenais à vous parler de cette pépite qu'est la pièce de théâtre de Katia Verba, Le château de Montgueux ou le secret éventé. N'y voyez aucune référence médiévale (encore que le nom peut prêter à sourire une fois la pièce lue), il s'agit d'un château situé en Champagne. L'histoire se passe dans l'entre-deux-guerres. Ici encore, Katia Verba joue sur le huis-clos, avec autant de brio que dans sa pièce Manoir sous haute tension sur l’île de Man. Et ce huis-clos, faisant évoluer ici des aristocrates, n'est-il pas justement mimétique de leur petit monde ? Comtesse révoltée et, surtout, fragilisée par la mort terrible de sa fille adoptive, Comte indifférent, Baronne volage, Bonne inculte, Intendante exemplaire... tous les ingrédients sont réunis pour faire une comédie au sens strict du terme. Oui, mais voilà, le schéma semble bien trop facile...

A mi-chemin entre Molière pour le côté comédie et Henrik Ibsen pour les réparties et le côté dramatique, cette pièce sentimentale ne mène pas le lecteur là où il croit aller. Et c'est justement ce qui force l'admiration. C'est là que l'on reconnaît tout le talent de la dramaturge. Je ne peux pas en dire trop sous peine de dévoiler l'intrigue. Ceci dit, sous des dehors légers, ce texte propose différents degrés de lecture très intéressants. Peu d'auteurs se sont frottés à la comédie dramatique sans s'être heurtés à des écueils de taille : ton trop badin, pathos trop prononcé, style ampoulé... Katia Verba est bien au-dessus de tous ces obstacles et manie la plume avec un talent indéniable. La lecture est un pur bonheur. Et je ne parle même pas des références culturelles : l'Affaire des Poisons, Goldoni... On referme cette œuvre et on se dit que finalement, on n'avait rien vu arriver. Chapeau bas !

 

 

Extrait :

 

Réjane, prend une lettre en dessous du paquet : Vous avez reçu une lettre qui m'a fort intriguée. Il n'est pas mentionné l'adresse du château et pour tout vous dire, je l'ai retrouvée sous la porte d'entrée. Il y est indiqué juste votre prénom. C'est pour le moins étrange et fort malpoli, vous en conviendrez.

Constance : Les bonnes habitudes se perdent... Une personne empressée, je suppose, l'avez-vous ouverte ?

Réjane : Mon Dieu, non !

Constance : Eh bien, ouvrez-la Réjane, je vous en prie.

Réjane, hésitante : Mais...

Constance : faites donc ! De quoi avez-vous peur ?

Réjane : C'est écrit en violet ! Personne n'écrit avec cette couleur ! Excepté les sorciers ! Vous savez, comme la devineresse la Voisin ! Vous en avez entendu parler, Madame la comtesse, c'était une sinistre empoisonneuse du XVIIe siècle.

Constance : L'illustre la Voisin, veuve Montvoisin, de son vrai nom Catherine Deshayes !

Réjane : C'est cela même.

Constance : Oui, la grande affaire des poisons qui défraya la chronique... Saviez-vous que cette célèbre empoisonneuse a appris la chiromancie et la physiognomonie à l'âge de neuf ans ?

Réjane : Si jeune ?

Constance : Par ailleurs, il n'était pas rare de la voir à la Sorbonne pour discuter du bien-fondé de l'astrologie. Il y avait une chaire de cette science à l'époque. Peu de personnes le savent...

 

 

 

 Le château de Montgueux

 

 

 

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Résumé:

 

Revenir sur les lieux du crime est un jeu risqué, mais encore faut-il prouver que crime il y eut. Kathleen et Marnie sont sœurs. En revenant là où Paul, l'époux de Kathleen, disparut mystérieusement un an plus tôt, ne risquent-elles pas de tenter le diable ? Car les deux sœurs, sous leurs airs respectables, cachent des secrets qui le sont peut-être un peu moins. Kathleen, femme fragile ayant un penchant pour l'alcool, est soignée par Venena, infirmière qui ne se contente pas des apparences. Sur ses gardes, pour ne pas dire paranoïaque, Marnie contrôle la situation, du moins jusqu'à l'arrivée d'un inspecteur aux méthodes particulières. « Pas de corps, pas de crime » : dans ce huis-clos insulaire, où les doubles-jeux sont florès, on apprendra qu'il vaut mieux se garder des formules toutes faites.

 

 

Mon avis:

 


Cette pièce de théâtre annonce de sérieuses références : le clin-d’œil au maître incontesté du cinéma à suspens, Alfred Hitchcock est facilement décelable. Le titre rappelle le film muet  L'Homme de l'île de Man, dans lequel on retrouve, par ailleurs, le prénom de l'un des personnages, Kate. Quant à sa sœur, Marnie, elle évoque bien sûr le célèbre Pas de printemps pour Marnie. Psychose est également évoqué dès le début de la pièce. Quant à l'objet du décor indispensable, la cage à oiseaux, vous voyez de suite à quoi il est fait mention. Ces allusions sont tout à fait pertinentes dans une pièce policière. Et la comparaison avec le célèbre réalisateur et scénariste ne s'arrête pas là car cette pièce est digne de lui.

 N'ayons pas peur des mots, Katia Verba a un réel talent. La syntaxe est aisée et très agréable à lire et les dialogues sont riches, très riches. La chose n'est pas facile, ce qui mérite d'être souligné. Peut-être est-ce justement la difficulté majeure lorsqu'on entreprend une œuvre littéraire. Car si le lecteur est moins regardant sur des passages narratifs, il sera toujours très critique sur des dialogues. Il suffit de voir la pauvreté de certaines pièces de théâtre pour s'en assurer. Mais rien de tout ceci dans Manoir sous haute tension sur l'île de Man. L'intrigue est adroitement ficelée, les rebondissements multiples et, jusqu'à la fin, on ira de surprise en surprise.

Comble de la difficulté : le huis-clos. Peu de personnages, un seul et même lieu, un temps restreint... La dramaturge utilise ici la fameuse règle des trois unités de la tragédie classique. Et pour un peu, on pourrait voir, à la fin de la pièce, Kate transformée en Phèdre déclamant à quel point elle est malheureuse.... et pathétique, pour la plus grande joie du lecteur. Katia Verba s'impose ici des obstacles qu'elle surmonte avec brio.

 Associez à tout ceci l'humour, un humour fin et presque noir, dans la tonalité de la pièce, et vous aurez tous les ingrédients pour faire de ce texte un petit bijou. Cet humour inscrit par ailleurs la pièce dans notre époque par une référence aux séries ou émissions de télé-réalité qui ponctuent notre quotidien (Buffy contre les vampires ou L'île de la tentation notamment). Et puis, appeler un des personnages, Venena, il fallait oser !

 Vous l'aurez compris, j'ai aimé, que dis-je, adoré cette pièce. Bien plus, les rouages de cette dernière m'ont fascinée. Je vais à présent lire les autres pièces de cet auteur que je viens de découvrir et j'en remercie pour cela Vincent Beghin et les Éditions de la rue nantaise dont la qualité des ouvrages n'est plus à démontrer.

 

 

 

Extrait :

 

Marnie : Je dirai deux mots à Kate de votre attitude. Attendez-vous à une surprise ! Vous aurez de mes nouvelles, vous perdrez votre emploi et vous pourrez toujours vous brosser pour avoir un certificat élogieux.

Venena :
Si vous pensez que vous trouverez une infirmière aux petits soins pour Madame, et occasionnellement chauffeur – car oui, il faut bien que je vous rappelle – vous êtes bien contente que je vous dépose à votre salon de thé le jeudi ! Je ne parle même pas des cours de soutien scolaire donnés à la fille de Madame qui place la mer Noire dans le Sud de l'Espagne, Lyon près de Strasbourg... Et je vous rappelle que je suis sortie troisième de mon concours d'infirmière, j'ai même failli faire médecine.

Marnie:
Médecine, vous ?

Venena :
Parfaitement. Mais mes parents n'avaient pas l'argent nécessaire pour me payer mes études.

Marnie :
Arrêtez, vous allez me faire pleurer... Eh bien, allez calmer vos états d'âme en allant faire du thé.
 
Venena :
J'ai pas été engagée ici comme serveuse ni même « cuistot » que je sache !

Marnie :
Ça, je l'avais constaté, figurez-vous ! Vous arrivez à peine à faire un œuf à la coque. Je saurai quoi vous offrir à votre prochain anniversaire...

Venena
: Un livre de cuisine, peut-être ?

Marnie :
Non, un moule à « manquer ».
 


 

 

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katia-echec-vignette.jpg

 

Synopsis :

Deux hommes ont enlevé la fille de la présidente d'un groupe financier. Ils séquestrent la jeune femme dans un squat de la place des Vosges, à quelques encablures du domicile de leur "cible". Cependant, la jeune captive se montre si sympathique et attachante que les ravisseurs mollissent... Pour couronner le tout, la mère, détestable à souhait, rechigne à verser la rançon réclamée... Rien ne se passe comme prévu entre ces quatre-là. L'arrivée d'un individu cocasse va encore pimenter l'affaire. 



Mon Avis :

Rien n'est plus difficile pour le dramaturge que de se renouveler. Difficile en effet, en un temps restreint, de faire évoluer des personnages, une histoire qui tenant la route. Katia Verba, que je ne présente plus puisqu'il s'agit de la quatrième pièce dont je fais le billet, y arrive pourtant avec brio. Ses personnages évoluent sans cesse pour la plus grande joie non seulement des lecteurs mais encore des spectateurs car ses textes sont très facilement adaptables. D'ailleurs, encore une fois, en lisant Échec et mâle, je m'imaginais la mise en scène. Comme l'indique le titre, l'humour est toujours présent, ce qui est assez caractéristique de son auteur (et attendu par le lecteur). Si les protagonistes étaient plus en retenue dans les trois premières pièces, ils se lâchent complètement ici pour acquérir encore plus de profondeur et de dynamisme. Katia Verba reprend ce genre qui lui est favori, le huis-clos. Il n'en demeure pas moins qu'elle sait, avec un art incontesté, surprendre son auditoire. Ainsi, dans ce squat situé près de la place des Vosges, on va pouvoir assister à un enlèvement, un bandit homosexuel, Benoît Brigandin (on admirera le nom qui lui est donné) se laissant attendrir par Maryline de La Frange, celle qu'il doit surveiller afin de demander une rançon, un conflit mère-fille, j'en passe et des meilleures ! Le ton est résolument moderne, le déroulement vif, ne laissant aucun temps mort.

Un très très bon moment de lecture que je ne puis que vous conseiller. Je reste persuadée que Katia Verba va en réconcilier plus d'un avec cet art que certains, à tort, considère souvent, car mal connu, comme rébarbatif. Chapeau l'Artiste !


Extrait :

Maryline : Vous voulez demander cinquante mille euros à ma mère … alors que vous pourriez en demander le double !

Raphaël et Benoît : Le double ?

Maryline : Mais oui.

Raphaël et Benoît : Cent mille euros ?

Maryline : Mais oui, cent mille euros ! Qu'est-ce que cent mille euros ? Pas grand-chose. Surtout pour elle : elle est bourrée aux as ; profitez-en, ça lui donnera une bonne leçon !

Benoît : Alors là, Maryline, vous me la coupez !

Raphaël : J'ai pigé !... La petite maline... J'imagine qu'elle veut sa part du magot ?

Maryline : Pas du tout. Je m'en tape du fric. J'ai ce qu'il faut. Un jour, j'hériterai de sa fortune ; enfin, de ce qu'il en reste... Car, si elle se montre radine pour les autres, pour elle, ce n'est pas du tout la même chose. Elle est dépensière. Je vais donc passer ce coup de fil avec plaisir.

 

 

 

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Synopsis : 

 

 

 

Edouard Delaroche dirige un important groupe international ; il est marié depuis treize longues années à la très séduisante Virginie.

 

Ils sont épaulés au quotidien par la pétillante Jacotte, la bonne, qui aime beaucoup Madame et un peu moins Monsieur, souvent absent.

 

Quand Edouard Delaroche invite Luc Silvère, qui compte parmi ses plus fidèles collaborateurs, celui-ci, ravi, s'attend à une promotion... Mais il n'en sera rien. Edouard a convié son subordonné pour d'autres raisons, que Luc Silvère ne tardera pas à découvrir.

 

 

 

Mon avis : 

 

 

Cinquième pièce de Katia Verba, dramaturge insufflant une bouffée d'air frais dans le monde du vaudeville, Fatalement Vôtre ne ressemble en rien aux autres. Pourquoi me direz-vous ? Le vaudeville est là, le huis-clos également... Certes, mais le changement se produit au niveau du style. Katia Verba s'est libérée du « carcan » de ses références culturelles (je n'aime pas ce mot « carcan », péjoratif pour faire référence à de la culture, mais vous comprenez ce que je veux dire). Le lecteur peut ainsi connaître son véritable trait de plume. Sans retenue, elle lâche enfin sa bride pour faire évoluer ses personnages qui n'en prennent que plus d'ampleur et de profondeur. Oserais-je dire qu'ils lui échappent presque pour prendre vie sans qu'elle n'en tire les ficelles ? C'est bien l'impression qu'ils donnent en tous les cas et n'est-ce pas là la marque des grands auteurs ?

 

Bref, vous l'avez compris, voici encore une excellente pièce qui mérite d'être jouée au plus vite sur scène.

 

Mon dernier mot ? Courez l'acheter !

 

 

 

Extrait : 

 

 

Jacotte : Je me permets de rappeler à Monsieur que, ce soir, je ne serai pas là pour assurer le service. Je vais au cinéma.

Édouard : Au cinéma ? Et qu'allez-vous voir ?

Jacotte : Un thriller : Ce soir je tue mon maître.

Édouard : Eh bien, que cela ne vous donne pas des idées...

Jacotte : Sait-on jamais !

Édouard : Vous aimez le cinéma, vous ?

Jacotte : Mais bien sûr et j'aime aussi tout particulièrement le théâtre.

Édouard : Je comprends mieux, alors, vos envolées théâtrales.

Jacotte : J'ai même joué, une fois, un petit rôle... Attendez, comment s'appelait cette pièce déjà ? Ah oui : Elle a la guigne ma copine.

Édouard : Du grand art ! Et qui a écrit cette merveille ?

Jacotte : Aucun souvenir ; un inconnu célèbre ! Et puis vous savez, je n'ai aucune mémoire des noms.

Édouard : La mémoire, cela se cultive !

Jacotte : C'est ça, je l'arrose tous les matins au petit-déjeuner. Et puis franchement, ce n'est pas important le nom de l'auteur.

Édouard : Pas important dites-vous ? Mais c'est fondamental. Ce sont eux qui écrivent les textes.

Jacotte : Vous voulez mon point de vue ?

Édouard : Non, mais je sens que vous allez me le donner.

Jacotte : Eh bien, moi, je dis que s'il n'y avait pas les comédiens pour jouer leur pièce, ils seraient bien dans la merde.

 

 

LE 1er MARS 2012 : 

 

Aujourd'hui, le texte Manoir sous haute tension sur l'île de Man, a fait du chemin puisqu'il va être mis en scène. Et n'est-ce pas là une consécration pour son auteur ?

 

 

 

Flyer Recto (Cliquez pour agrandir)
flyer verso (Cliquez pour agrandir)

 

Vous pouvez d'ores et déjà réserver vos places. 

Au théâtre ce soir...

 

La pièce de Katia Verba enfin mise en scène !

 

 


(Cliquez sur les affiches)

 

 

 

 

 

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